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Bons d'achat et cadeaux de Noël 2026 : combien offrir à vos salariés sans cotisations ?

En 2026, vous pouvez offrir à chaque salarié des bons d'achat ou des cadeaux de Noël jusqu'à 200,25 € sans payer de cotisations sociales, soit 5 % du plafond mensuel de la sécurité sociale. Pour Noël, ce montant s'ajoute pour chaque enfant jusqu'à 16 ans révolus dans l'année. Encore faut-il respecter quelques conditions, surtout dans une TPE où c'est le dirigeant lui-même qui offre. Voici les règles, des exemples chiffrés et les pièges à éviter.

Par Pauline Gueux-Quemper · Publié le 12 octobre 2026 · Lecture : 6 minutes

Le seuil 2026 : 200,25 € par salarié

Par principe, tout ce que vous donnez à un salarié en lien avec son travail est soumis aux cotisations, comme un salaire. Les bons d'achat, chèques-cadeaux et cadeaux en nature bénéficient pourtant d'une tolérance : ils sont exonérés de cotisations et contributions sociales lorsque leur montant reste dans une limite fixée à 5 % du plafond mensuel de la sécurité sociale (PMSS).

Le PMSS est de 4 005 € en 2026 (il était de 3 925 € en 2025). La limite est donc de 200,25 € cette année, contre 196 € l'an dernier. Vous verrez souvent le chiffre arrondi de 200 €.

La règle la plus simple : si le total des bons et cadeaux reçus par un salarié sur l'année civile 2026 ne dépasse pas 200,25 €, il n'y a pas de cotisations à payer, quel que soit le motif.

Au-delà : les 3 conditions à respecter

Vous pouvez dépasser ce total annuel et rester exonéré, à condition que chaque bon ou cadeau respecte trois conditions à la fois.

1. Il est lié à un événement prévu

La liste est fermée : naissance ou adoption, mariage ou Pacs, départ à la retraite, fête des mères ou des pères, Sainte-Catherine et Saint-Nicolas, Noël (pour le salarié et ses enfants) et rentrée scolaire (pour les enfants de moins de 26 ans, sur justificatif de scolarité). Le cadeau doit être remis en lien avec l'événement : un bon « de Noël » remis au printemps ne remplit pas cette condition.

2. Son utilisation est déterminée

Le bon doit indiquer la nature des biens qu'il permet d'acheter, un ou plusieurs rayons d'un grand magasin, ou le nom d'un ou plusieurs magasins. Pour Noël, il doit par exemple permettre d'acheter des jouets, des vêtements ou des équipements de loisirs ou sportifs. Un bon utilisable partout, comme de l'argent, est beaucoup plus difficile à faire exonérer.

3. Son montant reste raisonnable

Le montant ne doit pas dépasser 5 % du PMSS par événement et par année civile, soit 200,25 € en 2026. Deux cas particuliers : pour la rentrée scolaire, la limite s'apprécie par enfant ; pour Noël, elle s'apprécie par enfant et pour le salarié.

Attention : si une seule condition n'est pas remplie, ce n'est pas seulement le dépassement qui est soumis aux cotisations, mais la totalité du montant concerné.

Exemples chiffrés pour Noël 2026

Voici ce que vous pouvez offrir pour Noël, sans cotisations, si les trois conditions sont remplies et si aucun autre cadeau n'a été versé au même titre dans l'année.

Situation du salariéMontant maximum exonéré pour Noël 2026
Sans enfant (ou enfants de plus de 16 ans révolus)200,25 €
1 enfant de 16 ans au plus400,50 €
2 enfants de 16 ans au plus600,75 €
3 enfants de 16 ans au plus801,00 €
5 % du PMSS 2026 (4 005 €) pour le salarié, et autant par enfant.

Ces limites sont des plafonds, pas des montants conseillés. Dans une petite entreprise, un bon de 50 ou 100 € par personne est déjà un geste apprécié, et il ne coûte que son montant, sans charges.

Si vous avez déjà offert un bon au titre de la rentrée scolaire, il ne réduit pas l'enveloppe de Noël : chaque événement est apprécié séparément, avec sa propre limite.

Dans une TPE sans CSE : c'est vous qui offrez

Ces avantages sont normalement attribués par le comité social et économique (CSE). Mais en l'absence de CSE, ce qui est le cas de la plupart des entreprises de moins de 11 salariés, l'employeur peut les attribuer directement, avec les mêmes règles d'exonération. Quelques réflexes pour un Noël sans mauvaise surprise :

  • Traitez tout le monde de la même façon : par prudence, appliquez une règle identique à tous les salariés concernés (CDI, CDD, temps partiel, apprentis), avec un même montant.
  • Choisissez des bons « fléchés » : un bon valable dans un ou plusieurs magasins nommés, par exemple des commerces de votre commune ou du vignoble nantais, permet de faire plaisir tout en soutenant le commerce local.
  • Remettez-les en décembre, avec un petit mot qui précise qu'il s'agit du cadeau de Noël.
  • Gardez une trace : liste des bénéficiaires, montants, nombre et âge des enfants pris en compte, factures d'achat. En cas de contrôle, c'est ce dossier qui justifie l'exonération.
  • Vérifiez votre convention collective : certaines prévoient une prime ou une gratification de fin d'année, qui est un élément de salaire et n'a rien à voir avec ces bons d'achat.

Et les cadeaux à vos clients ?

Les cadeaux d'affaires suivent d'autres règles, fiscales cette fois. La TVA payée sur un cadeau offert à un client peut être récupérée seulement si sa valeur ne dépasse pas 73 € TTC par an et par bénéficiaire. Au-delà, la TVA n'est pas déductible.

Les cadeaux sont en principe déductibles du résultat s'ils sont faits dans l'intérêt de l'entreprise et restent proportionnés à sa taille. Si leur montant total dépasse 3 000 € sur l'exercice, il doit être déclaré dans le relevé des frais généraux, avec la liasse fiscale. Les micro-entrepreneurs ne sont pas concernés par ce relevé. Pensez à conserver les factures et la liste des destinataires : votre expert-comptable en aura besoin à la clôture.

En résumé
  • Limite 2026 : 200,25 € (5 % du PMSS de 4 005 €), contre 196 € en 2025.
  • Si le total annuel par salarié reste sous cette limite, pas de cotisations, sans autre condition.
  • Au-delà : un événement prévu, un bon à usage déterminé et 200,25 € maximum par événement.
  • Noël : 200,25 € pour le salarié et autant par enfant de 16 ans au plus dans l'année.
  • Sans CSE, l'employeur peut offrir directement ces bons, avec les mêmes règles.
  • Cadeaux clients : TVA récupérable jusqu'à 73 € TTC par an et par bénéficiaire.

Questions fréquentes

Quel est le montant maximum d'un bon d'achat de Noël exonéré en 2026 ?

200,25 € par salarié, soit 5 % du plafond mensuel de la sécurité sociale (4 005 € en 2026). Pour Noël, la même limite s'ajoute pour chaque enfant de 16 ans au plus dans l'année, à condition que le bon soit lié à Noël et précise ce qu'il permet d'acheter ou dans quels magasins.

Je n'ai pas de CSE : puis-je offrir moi-même des bons d'achat à mes salariés ?

Oui. En l'absence de CSE, l'employeur peut attribuer directement les bons d'achat et cadeaux, avec les mêmes limites et conditions d'exonération. Appliquez une règle identique à tous les salariés concernés et gardez une trace des montants versés.

Que se passe-t-il si je dépasse la limite ?

Si une condition n'est pas remplie, par exemple un montant supérieur à 200,25 € pour un même événement, c'est la totalité du montant concerné qui est soumise aux cotisations sociales, et pas seulement la part qui dépasse.

Une prime de Noël en argent est-elle aussi exonérée ?

Non. Une prime ou une gratification versée en argent est un élément de salaire, soumis aux cotisations comme le reste de la paie. La tolérance de 5 % du PMSS ne concerne que les bons d'achat, chèques-cadeaux et cadeaux en nature.

Ces informations sont générales. Chaque entreprise a sa situation (convention collective, usages, effectif) : en cas de doute sur votre cas, faites-vous accompagner avant de commander vos bons d'achat.

Article à jour au 12 octobre 2026.